Vendredi 1 janvier 2010
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Créateur,
Grand Esprit,
Ô Grand Mystère,
Ô Très Sainte Mère Divine,
Père Céleste,
Terre Mère
Sages Protecteurs des quatre directions,
Esprits gardiens qui veillez sur nous,
Grands-Pères et Grand-Mères,
Ancêtres qui avez marché sur la terre avant nous,
Je prie humblement, afin de :
Vous remercier pour tout ce qui nous a été donné.
Vous remercier pour le don de la vie.
Vous remercier pour les aliments, les vêtements,
les habitations dans lesquelles nous vivons.
Vous remercier pour la pratique et l’enseignement spirituel
et pour les lignées spirituelles
qui nous ont permis de recevoir ces enseignements.
Vous remercier pour tous ceux qui nous aident et nous aiment.
Vous remercier pour nos familles.
Vous remercier pour les épreuves qui nous sont envoyées,
pour toutes les leçons que la vie nous donne.
Vous remercier pour tous ceux qui ont permis
que nous puissions vivre et communiquer ensemble.
Vous remercier pour ces jours que nous vivons ensemble
et pour la médecine que nous pouvons partager
et pour tous ceux qui ont permis que cela soit possible.
Et nous prions pour :
Que vous bénissiez la Très Sainte Terre Mère.
Que vous bénissiez les vallées, les montagnes et les plaines;
les ruisseaux, les rivières, les lacs, les océans, les nuages et la pluie;
les feux, les volcans, les éclairs et les vents venant des quatre directions.
Que vous bénissiez les os de la Terre Mère,
les cristaux, les pierres, les roches et les métaux.
Que vous bénissiez la chevelure de la Terre Mère,
les légumes, les fruits, les arbres,
les plantes, les herbes, les algues et les forêts.
Que vous bénissiez les enfants de la Terre Mère,
ceux qui volent dans les airs, nagent dans les eaux,
rampent sur la terre, les quadrupèdes et les insectes.
Que vous bénissiez les jeunes et les enfants, les vieux et les aînés,
tous ceux qui ont quitté cette vie et tous ceux qui ne sont pas encore nés.
Que vous bénissiez tous ceux qui nous guident et qui nous enseignent,
tous les enseignements qu’ils portent
et tous ceux qui marchent avec eux sur le sentier sacré.
Nous prions pour nous, qui avons besoin de guérison,
Pour la terre qui a besoin de guérison.
C’est ma prière, entendez-la.
AHO!
Extrait du Sentier de la beauté, par Aigle Bleu
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Lundi 21 décembre 2009
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/2009
16:41

B: Aigle Bleu, pouvez-vous nous dire comment vous réagissez à cette période de célébrations de Noël et du Nouvel An, en tant qu’Amérindien ?
AB : Noël a un impact social et commercial tellement considérable en Amérique du Nord, que rares sont ceux qui ne le fêtent pas, ne fût-ce que dans son
aspect séculier. Beaucoup de Premières Nations ont accepté les enseignements de Jésus Christ, dans lesquels elles puisent espoir et inspiration. Elles célèbrent Noël comme la plupart des
Chrétiens à travers le monde.
C’est aussi la période du solstice d’hiver, et pour ceux qui ne célèbrent pas Noël, cela reste néanmoins un temps de célébration. Quant au Nouvel An, en réalité dans notre tradition il débute le
jour du solstice d’hiver, qui marque le moment où les jours commencent à devenir plus longs. Une nouvelle année commence. Cependant, là aussi, à cause de l’impact socio-économique des fêtes du
Nouvel An en Amérique du Nord, rares sont ceux qui ne fêtent pas ce jour.
Je voudrais citer, afin de donner plus de consistance à cette réponse, un extrait de mon ouvrage le plus récent, qui doit être réédité en français en février prochain. Ce livre s’intitule Le
Sentier de la Beauté :
"Trois mois après l’équinoxe d’automne vient le solstice d’hiver, qui donne lieu à la Fête de la lumière intérieure. Nous vivons alors les journées les plus courtes et
les nuits les plus longues de l’hiver. C’est la période de l’année où les forces de l’obscurité ont le plus de pouvoir. C’est le temps, pour le guerrier de lumière, de manifester
ses qualités. Nous voulons incarner la lumière intérieure qui va briller et vaincre l’obscurité. Cette cérémonie comporte vingt-quatre heures de veille et de vigile. Une personne pratique devant
l’autel toute la nuit et d’autres gardent le feu sacré.
Je me souviens d’une année où le froid était tellement intense que les arbres craquaient. Le givre se déposait tout autour des troncs d’arbres et des branches. Le lendemain
matin, le paysage s’était paré de l’éclat de mille diamants. Quand le soleil s’est levé, la nature s’est illuminée d’innombrables arcs-en-ciel minuscules. Je n’étais pas chaudement vêtu
cette nuit-là et je devais garder le feu toute la nuit. Ma chienne, qui n’est plus de ce monde, était alors avec moi. Je l’avais couchée sur mes genoux et l’abritais sous une couverture pour
nous réchauffer. C’est d’elle que j’ai appris comment survivre au froid. Même sous les couvertures, elle avait froid. Elle tremblait, puis se détendait, tremblait, puis se détendait. Alors j’ai
suivi son exemple. Je tremblais, ce qui provoquait de la chaleur, puis je me détendais et la chaleur me remplissait. La nature est toujours là pour nous enseigner comment
faire.
Durant cette nuit de veille, nous éteignons tous les feux dans nos maisons. Nous cherchons et cueillons un sapin qui représente l’année qui vient, le nouveau cycle qui commence.
À partir du jour du solstice, la lumière va aller en augmentant et les jours vont rallonger. La lumière à l’intérieur de nous est en relation avec la lumière à l’extérieur de nous. C’est la
période de l’année où les forces de l’obscurité sont les plus fortes, et cette étape marque le début du retour de la lumière. Nous choisissons un sapin qui symbolise la
nouvelle année, jeune, équilibré et beau. Avec beaucoup de prières et de cérémonies, nous le ramenons à la maison. Nous coupons les quatre branches du bas et nous en servons
pour balayer l’ancienne année. Nous nous promenons partout dans la maison en chantant et en balayant l’air avec les branches de sapin, sur les murs et autour des objets. Nous brûlons ensuite
ces branches dans le feu sacré et les énergies de l’année qui se termine se consument. Nous installons notre arbre à la place d’honneur et le garnissons de nos souhaits pour l’année à venir.
C’est une belle célébration avec les enfants. Nous créons une magie sympathique par des représentations visuelles que nous plaçons comme décorations dans le sapin.
Pendant la nuit qui suit, les hommes gardiens du feu vont cultiver l’attitude du guerrier, l’attitude de celui qui garde la lumière toujours vivante. C’est le feu de la conscience,
le feu de la veille, notre dévouement pour acquérir de la sagesse pour le plus grand bien des tous les êtres. Le symbole du feu est celui de la victoire de la lumière et de notre
divinité que nous cultivons en étant éveillés et vigilants.
Le lendemain matin, après notre lutte contre le sommeil et les forces de l’obscurité, la lumière revient dans le monde. Le guerrier a vaincu les forces de l’obscurité, c’est la
victoire de la lumière, c’est l’illumination qui remplit le monde avec la clarté de l’éveil. Nous célébrons alors le lever du soleil près du feu sacré. Ses braises serviront à rallumer les
feux dans les maisons. Ce sera un feu nouveau, celui de la victoire. Il réchauffera non seulement nos maisons, mais apportera à nos vies une lumière spirituelle. Pour terminer, un
festin. Nous l’avons bien mérité. Bien que ce soit la plus courte des cérémonies de changement de saison, elle en demeure l’une des plus intenses."
Tous mes meilleurs vœux pour un lumineux temps de réjouissances!!
Aigle Bleu
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